Le 26 juin 2025, deux visions du futur de l’intelligence artificielle se sont révélées au grand jour, et elles n’auraient pas pu être plus opposées.
➡️ À Bruxelles, 46 entreprises majeures – dont Google, Meta, Amazon, Microsoft, Mistral AI, etc.– ont signé une lettre appelant à un moratoire de deux ans sur l’application de l’AI Act, craignant que la régulation n’étouffe l’innovation.
➡️ À Paris, la CNIL, l’ANSSI, le PEReN et le projet IPoP du PEPR Cybersécurité lançaient PANAME, un projet d’audit de la confidentialité des modèles d’IA, directement en phase avec les exigences du RGPD et du futur règlement européen sur l’IA.
📍 Même jour deux lignes de front, deux philosophies.
🇫🇷 PANAME : la régulation par l’ingénierie
PANAME vise à outiller la conformité au RGPD en développant une bibliothèque logicielle pour tester si un modèle IA conserve des données personnelles.
- Elle sera partiellement open source ;
- Réutilisable par les auditeurs, entreprises et autorités ;
- Et fondée sur une méthodologie unifiée, reproductible et vérifiable.
Ce projet s’inscrit dans une dynamique claire : ne pas attendre que les incidents surviennent pour encadrer les risques.
⚖️ Un défi à la croisée du droit, de la tech… et de la souveraineté
➤ Là où les GAFAM demandent du temps, les régulateurs français construisent des outils.
➤ Là où certains redoutent la complexité, d’autres affrontent la réalité du terrain.
Pour les professionnels du droit, l’enjeu est donc immédiat :
- Comment prouver qu’un modèle ne mémorise pas de données sensibles ?
- Comment se préparer aux futurs audits ?
- Comment garder la main sur les risques algorithmiques tout en restant compétitifs ?
💡 PANAME pourrait devenir, pour l’IA, ce que le crash test a été pour l’industrie automobile : un protocole de vérification reconnu, opposable, et reproductible… L’avenir nous le dira.
En attendant, le 26 juin dernier, deux approches de l’IA se sont affrontées :
Les États-Unis, qui freinent la régulation pour préserver la vitesse vs l’Europe, qui outille la régulation pour préserver la confiance.
À terme, qui prendra l’avantage ? Ceux qui innovent sans filet, ou ceux qui innovent avec méthode ?
Source : https://cnil.fr/fr/paname-un-partenariat-pour-laudit-de-la-confidentialite-des-modeles-dia



