⚖️ Les faits
Promesse de vente, levée d’option, puis acte authentique. Après la vente, les vendeurs acquittent une taxe additionnelle communale dont ils n’avaient pas été précisément informés au stade de la promesse. Ils soutiennent qu’avertis plus tôt, ils auraient pu en négocier la prise en charge par l’acquéreur. La CA Toulouse les déboute, jugeant suffisante une information générale sur d’éventuelles taxes.
📜 Ce que dit la Cour
Cass. 1re civ., 28 mai 2025, n° 23-18.737 : cassation. Lorsque l’imposition additionnelle est déterminable dans son principe et dans son montant (car prévue par une délibération communale en vigueur), le notaire doit son conseil spontanément avant l’engagement définitif des parties. L’alerte générique ne suffit pas : une information concrète et chiffrable est exigée dès la phase précontractuelle.
💡 Ce que l’on peut en déduire
👉 L’arrêt objective le devoir de conseil autour d’un critère clé : la déterminabilité. Si un texte local rend l’imposition prévisible, l’omission d’une information précise à la promesse est fautive. Le devoir excède l’« alerte de risque » : il impose une information déterminée, utile à la négociation.
👉 Quand une taxe résulte d’une délibération municipale identifiable, le notaire doit en parler avant que les parties ne se lient, pour permettre d’anticiper et de répartir contractuellement la charge.
📈 Impacts pratiques
- Temporalité : sécuriser l’information fiscale dès la promesse (checklist « taxes locales » annexée).
- Traçabilité : prouver l’information (écrits, tableau récap., mention expresse dans la promesse).
- Méthode : veille sur les délibérations communales applicables (CGI, art. 1584 s.) ; en cas d’incertitude, chiffrage plancher/plafond ou clause de prise en charge conditionnelle.
- Contentieux : le manquement peut fonder une responsabilité (art. 1240 C. civ.) et l’indemnisation de la taxe si elle aurait pu être transférée par la négociation.
🔭 Perspectives
Au-delà de la taxe communale additionnelle, la grille « déterminabilité → conseil préalable » irrigue d’autres postes accessibles par texte (taxe d’aménagement, contributions spéciales, participations). Plus la donnée est objectivable, plus s’impose une information chiffrée et négociable en amont.



